YouTube (version originale sous-titrée)
Angelina Ireland, directrice de la Delta Hospice Society et survivante du cancer, révèle les dérives alarmantes du programme canadien d'Aide Médicale à Mourir (AMM, MAiD en anglais). Son organisation de soins palliatifs a été expulsée de ses locaux et privée de financement pour avoir refusé d’y pratiquer l'euthanasie.
L’euthanasie, en Suisse reste une affaire privée et payante, centrée sur une demande explicite du patient à des organisations privées. Au Canada, c’est l’Etat qui gère l’aide à mourir. Et depuis quelques années, on y observe une expansion, un glissement progressif.
Au lieu d’être seulement “à disposition”, elle est proposée activement à des patients par leurs médecins. Au lieu de ne viser que des personnes touchées par une maladie terminale, elle cible désormais des personnes handicapées, dépressives, ou des personnes souffrant de maladies chroniques qui auraient surtout besoin d’être soignées et, parfois, soutenues financièrement.
Insensiblement, l’aide à mourir est-elle en train de devenir une façon pour l’Etat de pousser des personnes qui lui coûtent trop cher vers la sortie ?
Ce n’est pas une question absurde. Plusieurs vétérans de l’armée (dont Christine Gauthier, paralympienne paraplégique) se sont vu proposer l’AMM par un employé des Anciens Combattants alors qu’ils demandaient des aides concrètes (rampe d’accès, fauteuil roulant, soutien pour PTSD). Un homme atteint d’ataxie cérébelleuse a enregistré pendant son hospitalisation des conversations où le personnel hospitalier lui proposait l’AMM de manière répétée, alors qu’il réclamait un soutien à domicile adéquat.
La résistance du centre de soins palliatifs d’Angelina lui a valu d’être exproprié par le gouvernement d’une manière brutale. Angelina, elle aussi, partage des témoignages glaçants : des patients atteints de paralysie cérébrale, des personnes âgées vulnérables, et même sa propre mère de 89 ans à qui l'AMM a été proposée de manière non sollicitée. Elle dénonce un système où la mort devient une "option de soins" poussée pour des raisons économiques plutôt que médicales.
Angelina alerte aussi sur l’expansion du programme vers les enfants (”mineurs matures”) et relève le problème posé par des incitations troublantes, comme les économies financières et le don d’organes. Face à cette situation, elle présente les outils de protection développés par son organisation : le kit DNE (Do Not Euthanize) et le système des “anges gardiens”.
Et elle révèle même, comme vous le verrez, que la mort “douce” pourrait ne pas l’être tant que ça, ainsi qu’en avait témoigné un anesthésiste dans le contexte des débats parlementaires :
Il s’agit d’un sujet éthiquement d’une grande complexité, et cette complexité doit être respectée. Angelina ne le cache pas : elle a des principes chrétiens qui influencent sa position sur le sujet. Mais je dois reconnaître que suite à notre conversation, je suis persuadé que même des personnes favorables par principe à l’aide à mourir pourraient considérer le cas canadien comme une mise en garde. L’espace entre “l’aide à mourir” et “l’euthanasie des indésirables” existe certes encore au Canada, heureusement, mais cet espace est incontestablement en voie de rétrécissement.
Et cela devrait nous faire peur.
N’oubliez pas de vous abonner si ce n’est déjà fait ! Merci du fond du coeur à celles et ceux qui me soutiennent :
Prenez bien soin de vous et de vos proches en ces temps décidément troublés,
Pierre



